Dear parents, you are being lied to.

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In english but really interesting

Violent metaphors

Standard of care.

In light of recent outbreaks of measles and other vaccine preventable illnesses, and the refusal of anti-vaccination advocates to acknowledge the problem, I thought it was past time for this post.

Dear parents,

You are being lied to. The people who claim to be acting in the best interests of your children are putting their health and even lives at risk.

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Pourquoi des personnes intelligentes ne sont-­elles pas toujours rationnelles? Partie I [traduction]

Ci-dessous, la traduction de l’article Why Smart People Are Not Always Rational écrit par Barbara Drescher qui enseigne la psychologie cognitive et quantitative à la California State University (Northridge).

Paul Frampton est tombé dans un piège. En novembre 2011, cet homme divorcé de 68 ans a fait la connaissance sur un site de rencontre de Denise Milani, une top modèle d’une trentaine d’années. En janvier 2012, Paul proposa d’aller à sa rencontre bien qu’il ne lui ait jamais parlé par téléphone ou via Skype. La rencontre devait avoir lieu en Bolivie où Denise devait faire un shooting photo. Deux semaines plus tard, Paul se retrouvait détenu dans une prison de Buenos Aires (Argentine) pour transport illicite de plus d’un kilo de cocaïne.

Voici l’histoire en quelques mots : Paul reçu un billet pour un voyage au départ de Chapel Hill, Caroline du Nord, à destination de La Paz, Bolivie, en passant par Toronto. Arrivé à Toronto, il découvrit que le billet pour la deuxième étape était invalide. Il attendit à Toronto pour un autre billet. Il arriva finalement en Bolivie avec quatre jours de retard. Hélas, Denise n‘y était plus. Il apprit qu’elle était partie à Bruxelles pour une autre séance photo. Elle lui enverrait un second billet pour la rejoindre mais à condition qu’il lui rapporte une valise qu’elle avait oubliée en Bolivie.

Neuf jours plus tard, un homme lui remit une valise noire complètement vide. Cette valise n’avait de particulier, rien qui puisse expliquer pourquoi Denise voulait qu’il lui apporte cette valise et pas une autre. Paul remplit cette valise avec du linge sale à lui et se rendit à l’aéroport. Il allait enfin pouvoir rencontrer Denise à Bruxelles.

Mais il se fit prendre à l’aéroport de Buenos Aires, où il faisait une escale.

Des indices suggèrent que Paul savait que la valise contenait de la cocaïne et avait même une bonne idée de la quantité qu’il transportait. Mais il semble également que Paul croyait sincèrement que Denise l’aimait. Il semblait croire qu’ils allaient vendre la cocaïne ensemble, se marier, s’installer quelque part et fonder une famille.

Si vous êtes comme moi, à ce moment de la lecture, vous vous demandez comment cet homme a put être aussi stupide ?

Pourtant, Paul Frampton est Professeur de Physique à l’Université de Caroline du Nord (Chapel Hill) et a plus de 450 publications scientifiques à son actif. Il a également coécrit des articles avec trois prix Nobel. Il n’est donc pas si stupide.

NdT : Pour plus de détails sur l’histoire de ce professeur, voir ce lien en anglais.

Un exemple concret → Mensa

À la fin des années 80, j’étais une jeune adulte et comme beaucoup de mes pairs, j’étais à la recherche de quelque chose. À la recherche de personnes avec qui j’avais des intérêts communs, avec qui je pouvais discuter sciences, littérature – vous savez, ce genre de choses qui vous donne le sentiment d’avoir atteint un nouveau niveau de compréhension du sens de la vie. Les organisations « sceptiques » n’étaient pas aussi nombreuses et aussi développées qu’aujourd’hui. Bien que j’en connaissais quelques unes, je ne les considérais pas encore comme sources potentielles de stimulation intellectuelle.

À cette époque, je décidais de rejoindre Mensa.

Pour ceux qui n’ont jamais entendu parlé de Mensa, il s’agit d’un club dont la seule condition pour en devenir membre est d’avoir un QI supérieur à celui de 98 % de la population. Cela représente 1 personne sur 50, ce qui, en fait, n’est pas si sélectif cela. Mais, en ce temps là, je pensais que se serait suffisant pour me garantir de rencontrer des gens intéressants. Entourée de ces personnes, je m’attendais à me sentir probablement un peu stupide et à être intimidée. Mais ce ne fut pas le cas.

Imaginez mon excitation quand j’ai reçu cette enveloppe contenant un pack de bienvenue m’informant de l’organisation d’événements et de l’existence de groupes d’intérêt spécialGIS (special interest group – SIG en anglais). « Scrabble par mail » mouais, c’est cool, mais si ce que je voulais était un jeu stimulant, je pouvais simplement rester à la maison et laisser ma maman me botter les fesses au ScrabbleTM. « GIS écrivains ». Déjà mieux. « GIS Star Trek » ? Génial. Puis, je les ai vu : « GIS PES (Perception Extra-Sensorielle) », « GIS Astrologie », « GIS Anges ». Hum…

Mon intérêt pour Mensa et les GIS diminua rapidement. Ensuite, j’ai eu un job dans une entreprise de développement logiciel et je me suis retrouvée entourée de gens plus intelligents que moi. J’avais toujours gardé l’intention de donner encore une chance à Mensa, mais je n’ai finalement jamais trouvé le temps de le faire. Au moment de renouveler mon adhésion, je ne l’ai pas fait.

Bien des années plus tard alors que mes enfants étaient petits, j’ai tout de même renouvelé mon inscription à Mensa, pensant que mes petits garçons, geek et malins, se sentiraient mieux acceptés parmi d’autres enfants également intelligents. Les GIS que j’avais remarqués à l’époque étaient toujours là. Voici quelques exemples de GIS que l’on peut trouver aujourd’hui :

  • Parapsychologie (phénomènes psychiques)
  • Théories conspirationnistes
  • Survivalistes (Preppers en anglais)
  • La ribambelle des groupes religieux, en ce compris le groupe des athées.

Puis, j’ai lu le Bulletin Mensa. Un des articles principaux m’informait « qu’il n’existait pas de consensus scientifique » concernant la nature anthropique du réchauffement climatique et que le réchauffement anthropique est un produit du « Maccarthysme ». C’était en 2008, après une déclaration du GIEC supportant clairement l’existence d’un consensus scientifique sur l’existence et la nature anthropique d’un réchauffement climatique. L’auteure y faisait une critique sévère et ironique du fait de « lancer des affirmations sans preuves », alors que ses propres arguments étaient clairement fallacieux et irrationnels, et je ne pensais pas cela simplement parce que j’étais en désaccord avec sa conclusion. Ma lettre envoyée à l’éditeur n’a jamais été publiée. Je n’ai pas été surprise. Je n’ai encore jamais assisté à un évènement Mensa et mon statut de membre est , je pense, « inactif » de façon permanente.

Intelligence n’est pas rationalité

Mensa a été fondée il y a plus de 65 ans, principalement dans le but de promouvoir l’intelligence au service du bien de l’humanité. Cependant leur liste de réalisations est assez courte (et encore…). Ils pensaient probablement qu’en unissant leurs forces, ils pourraient résoudre tous les problèmes du monde. Malheureusement, « l’intelligence » ne fonctionne pas comme ça.

La plupart des gens considèrent que l’intelligence et la rationalité sont la même chose. J’entends parfois des gens parler de personnes « débrouillardes » (street-smart) ou dotées de « bon sens » et de les comparer à des « intellectuels » (book-smart). Pourtant, nous semblons vouloir continuer à lier intelligence et connaissances avec un comportement rationnel, comme si la rationalité était un sous-produit de l’intelligence. Même les sceptiques ont souvent tendance à penser qu’il suffit donner les bons arguments pour que les gens changent leur position concernant les vaccins, la perception extra-sensorielle et le réchauffement climatique. Mais ce n’est pas de cette façon que les gens fonctionnent.

Fondamentalement, quand les psychologues parlent de « rationalité », ils font référence à des structures de croyances et des comportements qui optimisent la réalisation d’un objectif. En d’autres mots, les processus de pensée et les comportements qui nous conduisent à obtenir ce dont on a besoin ou que l’on désire, comme éliminer la faim dans le monde. Cela peut être déroutant car nous pensons souvent que nous atteignons nos objectifs en prenant les bonnes décisions. Pourtant, la réalité est que, souvent, nous définissions quels étaient les objectifs après avoir fait un choix. Nous faisons cela pour réduire la dissonance cognitive.

Dès lors, on peut se demander ce que « intelligence » signifie ? J’aime à dire que l’intelligence est ce qui est mesuré par les tests de QI. Ils mesurent une «aptitude cognitive » (avec une certaine erreur). C’est bien là que se trouve le hic : aptitude et performance ne sont pas la même chose.

En psychologie, nous faisons la différence entre situations de performance optimale et situations de performance typique (quelques explications sur ce lien en anglais). En situations de performance maximale, les participants ont conscience qu’on attend d’eux qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. Ils savent ce qu’ils doivent faire pour maximiser leur performance. Ces tests ont pour objectif de mesurer ce que les personnes sont capables de faire. Par contre, en situation de performance typique, des instructions de maximisation de performance sont rarement données et les objectifs des tests associés sont souvent globaux. Ces tests tentent d’évaluer comment les personnes réagissent dans une situation « typique », ce qu’elles feraient.

Les tests de QI représentent des situations de performance maximale. Ils mesurent une aptitude cognitive. La rationalité ne peut être évaluée sans tenir compte de la performance des personnes en conditions typiques. La raison est que la rationalité fait intervenir à la fois des aptitudes cognitives et des dispositions de raisonnement particulières.

Mon but n’est pas de détruire les tests de QI. Ils mesurent ce qu’ils sont censés mesurer, i.e. l’intelligence et l’intelligence est une chose très utile. C’est également une composante importante de la pensée rationnelle. Mais l’intelligence ne doit pas être confondue avec la rationalité. Sans rationalité, nous ne faisons pas toujours les choix qu’il faut pour résoudre les vrais problèmes.

Il y a de très nombreuses raisons pour lesquelles les êtres humains peuvent être irrationnels et la plupart des lecteurs de ce blog (skeptic insight) sont familiers avec un grand nombre d’entre elles. Nous avons tendance à penser que « plus est toujours mieux ». Cependant, nous échouons misérablement lorsque nous essayons de comprendre les probabilités et d’évaluer les risques. Nous cherchons des preuves pour conforter nos croyances plutôt que d’accepter ce que les faits nous disent sur ce qui probablement vrai. Les gens que nous aimons sont toujours innocents, toujours bons et ont toujours raison. Nous achetons des billets de loterie, jouons à la roulette et payons des extensions de garantie. Nous avons peur de prendre l’avion mais nous conduisons ivres. Parce que nous conduisons mieux quand nous sommes ivres, pas vrai ?

Et pourtant, nous sommes capables de dépasser nos tendances naturelles. Nos cerveaux ne sont pas cassés. Ils ont juste un défaut de fabrication. Malheureusement, l’intelligence n’est pas suffisante pour outrepasser les défauts.

Dans mon prochain article, je parlerai des ces dispositions de raisonnement que j’ai mentionné plus haut et j’expliquerai comment elles peuvent nous aider ou nous tromper quand nous prenons des décisions ou que nous développons certaines croyances. En attendant, quand vous entendrez parler de « comportements irrationnels », essayez de vous rappeler que les gens ne sont pas irrationnels juste parce qu’ils seraient stupides, ou auraient fait quelque chose de stupide ou encore croiraient en quelque chose d’irrationnel.

Pétition de l’IPSN, NON à la vaccination massive des enfants contre les papillomavirus

Actuellement (mai 2015) circule une nouvelle pétition concernant la vaccination DT-Polio. Le Professeur Henri Joyeux apparait dans une vidéo d’appel à signer cette pétition. Malheureusement, il ne s’agit pas du premier coup d’essai du Professeur anti-vaccinaliste.

Auparavant, une pétition pour un moratoire sur la vaccination des jeunes filles contre le HPV avait aussi circulée sur les réseaux sociaux et par mails. La vidéo d’appel à signer cette pétition était hébergée sur le site de l’IPSN ( Institut pour la Protection de la Santé Naturelle ). Une version texte est également disponible. Dans cet appel, le Professeur Henri Joyeux nous met en garde contre les effets indésirables graves des vaccins Gardasil et Cervarix. Il est professeur des universités-praticien hospitalier de cancérologie et de chirurgie digestive à l’université Montpellier 1. Il s’oppose à la proposition du Haut Conseil de Santé publique qui préconise d’introduire massivement dans les écoles la vaccination contre les papillomavirus (HPV) et d’abaisser à 9 ans l’âge de cette vaccination, pour les filles comme pour les garçons. Le but de la vaccination contre les papillomavirus  est de lutter contre le cancer du col de l’utérus et d’autres infections sexuellement transmissibles. Pour le Pr Henri Joyeux, c’est une mauvaise idée car : 1) la vaccination n’offre une protection que de 70% seulement contre le risque du cancer du col de l’utérus tout en exposant les personnes vaccinées à de graves effets secondaires (plus de 26 000 notifiés jusqu’à maintenant dont 435 en France) ; 2) Le dépistage par frottis offre une alternative sans risques et efficace pour lutter contre ce cancer.

Pour comprendre le comment et le pourquoi de cette pétition, je vous propose de nous informer d’abord un peu plus sur les papillomavirus humains (HPV) et sur leur lien avec le cancer du col de l’utérus. Ensuite, nous parcourrons les arguments donnés par le Professeur Henri Joyeux pour mieux appréhender les coulisses de cette controverse.

Les papillomavirus et le cancer du col de l’utérus

Le cancer du col de l’utérus a pour origine des lésions précancéreuses provoquées par le HPV (Human Papilloma Virus). Il existe plus de 150 types de papillomavirus, dont environ 40 peuvent infecter les organes génitaux des hommes et des femmes. Une vingtaine de papillomavirus humains sont à l’origine d’anomalies cellulaires modérées ou sévères, de lésions précancéreuses et de cancers. Le HPV est retrouvé dans 99,7% des cancers du col de l’utérus. Il est donc considéré comme une cause nécessaire du cancer du col de l’utérus (si on a le cancer, c’est parce qu’on a été infecté par le HPV), mais pas suffisante (être infecté par le HPV ne conduit pas automatiquement à avoir un cancer et heureusement !). Dans 90 % des cas, l’infection est transitoire et s’élimine naturellement en une à deux années après la contamination sexuelle. Dans 10 % des cas, l’infection persiste et peut entraîner des anomalies (lésions) au niveau de la muqueuse du col (lésions précancéreuses). Ces lésions peuvent évoluer vers un cancer 10 à 15 ans après l’infection par le virus. Les types 16 et 18 contribuent à eux seuls pour 70 % des cas de cancers du col de l’utérus. La contamination se fait le plus souvent dans les premières années de la vie sexuelle et environ 80 % des femmes sont exposées à ces virus au cours de leur vie. En 2012 en France, on a estimé à ~3000 le nombre de nouveaux cas de cancer du col de l’utérus et à ~1100 le nombre de décès liés à ce cancer.

Les arguments contre la vaccination des petites filles et des petits garçons

Les 2 vaccins actuels appelés Gardasil et Cervarix, comportent des risques d’effets indésirables graves.  Pire, ils vous cachent que ces vaccins ne protègent pas du tout à 100 % contre le cancer du col de l’utérus. La protection est à peine de 70 % ! Cela veut dire qu’une personne vaccinée a toujours 30 % de risque d’attraper le cancer du col de l’utérus.

Le vaccin Gardasil protège contre les types 6, 11, 16 et 18 et le Cervarix contre les types 16 et 18. Ces deux derniers types étant responsables de 70% des cancers du col de l’utérus, on comprend pourquoi ils représentent une protection de 70 % contre le cancer. Je comprends difficilement pourquoi le Pr. Joyeux affirme que cette information serait « cachée ». Les praticiens sont tous au courant et cette information n’est cachée nulle part à moins d’être gravement handicapé de Google.

Le Pr Joyeux insiste également sur le fait qu’une personne vaccinée aurait toujours 30% de risque d’attraper le cancer. En fait, les HPV étant considérés comme une condition nécessaire mais non suffisante, une personne vaccinée n’a pas 30% de chance d’attraper le cancer. Une protection de 70% signifie que sur 100 cancers, 70 auraient put être évités grâce à la vaccination.

Que le Professeur Joyeux se rassure, le développement de nouveaux vaccins nonavalents (contenant 9 types de HPV) est bien avancé et ils permettront une protection de 95 %.

Il y a de bonnes raisons d’être très inquiet. Même mon collègue le Professeur Guy Vallancien, urologue, chef de service à l’Institut Montsouris, membre de l’Académie Nationale de Médecine, qui est très favorable au vaccin, a lui même écrit :
« L’analyse des données de pharmacovigilance a fait état de 26 675 effets indésirables graves dont 113 cas de sclérose en plaques (SEP). »
« En France, 435 cas d’effets indésirables graves dont 135 de maladies auto-immunes incluant 15 cas de SEP ont été rapportés au réseau national des centres régionaux de pharmacovigilance et au laboratoire producteur.  »

Je me suis demandé pourquoi Henri Joyeux préférait citer directement son collègue, le Professeur Guy Vallancien, pour parler des effets indésirables (EI) graves plutôt que de citer directement le rapport de pharmacovigilance disponible librement sur le site de l’ANSM. La réponse est simple. Guy Vallancien n’aime pas le discours anti-vaccinaliste et il le fait savoir. La source donnée par le Professeur Joyeux pointe directement sur un article de blog de son collègue.  Dans cette article, le Professeur Vallancien flingue sans ménagement ses confrères anti-vaccinalistes qui ont signé une précédente pétition anti-Gardasil. Le moins qu’on puisse dire est que Henri Joyeux a la rancune tenace et n’hésite pas à faire des attaques à peine subtiles…

À propos des chiffres d’EI graves. Ceux-ci sont vrais (cfr rapport de pharmacovigilance). Les anti-vaccinalistes connaissent bien l’impact de chiffres donnés de façon brute. Plus c’est gros, plus ça fait peur. Plusieurs remarques sont nécessaires :

1)  On remarquera que ces chiffres sont accessibles publiquement. Ils ne sont pas cachés.
2)  Il est possible à tout à chacun de déclarer des effets indésirables concernant un médicament auprès de l’ANSM.
3)  Ces chiffres sont à mettre en perspective avec le nombre de doses de vaccin distribuées, soit 127 millions au total depuis la commercialisation du Gardasil en 2006 dont plus de 5 millions de doses pour la France. Ainsi, pour la France, 435 EI graves pour plus de 5 millions de doses, ça équivaut à un risque d’EI grave de 0.009% par dose (~ 435 / 5 000 000 * 100). Un chiffre similaire est constaté aux USA. Il s’agit d’effets graves notifiés, une analyse approfondie des chiffres est nécessaire pour comprendre si oui ou non, il y a lien de causalité. Une enquête épidémiologique de suivi d’une cohorte de jeunes filles nées entre 1992 et 1996 a été réalisée à partir des données du SNIIRAM (Système National d’Information Inter-Régimes de l’Assurance Maladie). Cette étude montre qu’après un suivi de 3 ans, la survenue de SEP ou de maladies auto-immunes (MAI) n’est pas plus fréquente chez les jeunes filles vaccinées que chez les jeunes filles non vaccinées. La notification d’un effet indésirable grave ne signifie pas automatiquement un lien de causalité avec le vaccin. De manière générale, quand on évoque les bienfaits ou les méfaits relatif à la prise d’un médicament, il faut faire attention à ne pas tomber dans le piège du sophisme post hoc ergo procter hoc : une corrélation temporelle entre 2 évènements n’implique pas forcément un lien de causalité.
4)  Toujours pour la France, le risque à vie pour une femme d’attraper le cancer du col de l’utérus et d’en mourir sont de 0.7 et 0.2% respectivement. C’est non négligeable. Imaginez une école comptant 500 filles ou une entreprise comptant 500 femmes. L’une d’entre elles mourra d’un cancer du col de l’utérus. La bataille contre ce cancer constitue un réel défit de santé publique.

Nous aborderons le cas du dépistage plus tard.

Ces jeunes filles aujourd’hui invalides à vie ont pour beaucoup été vaccinées au Gardasil inutilement, alors qu’elles ne faisaient pas partie des populations à risque.

Pourquoi vacciner si jeune ? Pour plusieurs raisons :

1)  Il est par ailleurs nécessaire de vacciner les jeunes filles avant qu’elles ne soient infectées (le vaccin étant peu efficace si elles sont déjà infectées). En effet, la contamination se fait le plus souvent dans les premières années de la vie sexuelle. Les lésions précancéreuses peuvent évoluer en cancer 10 à 15 ans après l’infection.
2)  Les données scientifiques montrent que la réponse immunitaire est meilleure lorsque le vaccin est administré avant 14 ans plutôt qu’après. C’est la raison pour laquelle l’âge a été abaissé dans le calendrier vaccinal 2013.

En Autriche, suite au décès d’une jeune femme vaccinée au Gardasil, un rapport a été publié démontrant que l’efficacité à long terme d’une telle vaccination serait « tout à fait négligeable ». La ministre autrichienne de la Santé, le Dr Andrea Kdolsky, a décidé de retirer les vaccins anti-HPV du programme officiel, de ne plus les rembourser et de mettre plutôt l’accent sur le dépistage. L’Agence Européenne du Médicament (EMEA) a publié le 24 janvier 2008 le décès de femmes préalablement vaccinées par le Gardasil. (…) Dès février 2007, la télévision américaine annonçait par des interviews de graves complications et présentait des victimes du Gardasil vivantes et des photos de jeunes femmes décédées. En France, une plainte a été déposée par la jeune Océane Bourguignon et d’autres jeunes filles contre Sanofi, fabricant du vaccin. Elles ont subi de gravissimes atteintes au cerveau et à la moelle épinière après avoir été vaccinées.

Joli mélange d’argument d’autorité, d’appel à l’émotion et de cherry-picking. En fait, cette vidéo est bourrée de sophismes en tout genre.

Concernant le rapport autrichien : Source ? Que contient-il ? Long terme à combien d’années ? Qui a écrit ce rapport ? Mystère… Pour ce qui est des 2 décès liés au Gardasil, ils ont bien été notifiés par l’EMEA mais aucun lien de causalité n’a pu être formellement établi. Pour le reste, des interviews, des photos, des plaintes déposées ou encore des décisions de justice ne constitueront jamais des preuves scientifiques.

Quid de tous ces autres pays qui ont obtenu de très bons résultats avec la vaccination : USA, Australie, Royaume Uni, Danemark, Nouvelle Zélande, Suède. Ainsi, aux Etats-Unis, avec une couverture vaccinale de 30 % environ dans la population des jeunes filles de 14-19 ans, une diminution de 11,5 à 5,1 % de la prévalence des infections HPV ciblées par Gardasil a été observée entre la période 2003-2006 et la période 2007-2010. Au Royaume-Uni, où la couverture vaccinale est de 65%, la prévalence de l’infection HPV a chuté de 19 % à 6,5 % chez des jeunes filles. En Australie, la vaccination a montré un impact clairement positif.

Quid de tous ces articles de la littérature scientifique et des modèles dont les résultats vont totalement à contre sens de ce rapport ? Pour la France, voir notamment la modélisation réalisée par l’InVS.

Non seulement il peut provoquer des accidents. Mais vacciner à grande échelle les jeunes filles risque de faire reculer la pratique du frottis qui elle, sauve des vies à coup sûr. Car forcément, certaines se diront « je suis vaccinée, je suis protégée  », ce qui est scientifiquement faux.

Opposition entre frottis et vaccination = faux dilemme. Frottis et vaccination sont des outils de prévention complémentaires. Toutes les recommandations de vaccination insistent sur la nécessité d’améliorer le dépistage. Notons d’ailleurs que la vaccination est une prévention dite primaire car elle prévient l’infection, tandis que le dépistage est une prévention dite secondaire car elle ne fait que détecter les infections persistantes ou les lésions une fois présentes. Opposer vaccination et dépistage revient à demander à un chevalier de choisir entre son armure et son bouclier. Le bouclier est comme la vaccination, il empêche de recevoir un coup. L’armure est comme le dépistage, il protège le corps du chevalier quand celui-ci n’a pu parer un coup.

Ensuite, le dépistage a ses limites et n’est pas efficace à 100 %. Concernant la fiabilité du frottis, les taux de faux-positifs sont de l’ordre de 1 à 5 % et les taux de faux-négatifs varient entre 10 à 30%. La recommandation actuelle est un dépistage tous les 3 ans, ce qui permet une diminution de l’incidence de 91 %, pas 100 % (voir page 182 du lien). Pour ce qui est du dépistage organisé, on a constaté en France que dans les départements pilotes, bien que le dépistage organisé du cancer du col de l’utérus augmente significativement, le pourcentage de femmes dépistées  dépasse de peu les 70 % pour les plus performants. La vaccination est donc bien une stratégie complémentaire nécessaire (voir la modélisation de l’InVS).

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Source : InVS. Modélisation médico-économique de l’impact de l’organisation du dépistage du cancer du col utérin et de l’introduction de la vaccination contre les HPV dans le calendrier vaccinal

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Source : InVS. Modélisation médico-économique de l’impact de l’organisation du dépistage du cancer du col utérin et de l’introduction de la vaccination contre les HPV dans le calendrier vaccinal

Pour finir, si effectivement le frottis ne pose de risques particuliers, le recours si nécessaire à la conisation comportent des risques à court terme (hémorragie, douleurs, leucorrhées) et long terme (sténose du col, dysménorrhées, accouchement prématuré) (voir fin page 16 du lien). Le professeur Henri Joyeux tenterait-il de nous cacher certaines choses ?

Bien entendu, les lobbies du tout-pharmaceutique ne se laisseront pas faire. Nous les connaissons bien avec leurs énormes moyens publicitaires. La France représente donc un énorme marché chaque année. Les fabricants de vaccin sont donc prêts à tout pour faire croire que leur produit est sûr… et mettre la main sur le magot. Mais les vies de nos enfants valent plus que leurs profits. Faut-il faire courir le moindre risque à nos enfants pour une maladie facilement détectable et curable avec un suivi régulier chez un gynécologue ? Certainement pas. Avec l’Institut pour la Protection de la Santé Naturelle, nous pouvons être des millions à dire NON A CES VACCINS dans les écoles, non à la vaccination des enfants de 9 ans avec un produit qui n’est peut-être pas efficace et qui est donc potentiellement dangereux voire mortel.

L’IPSN se bat contre les puissants lobbys pharmaceutiques. Pour ce faire, il organise des conférences, édite une newsletter et surtout lance des pétitions. Sur son site, cet institut déclare : L’Institut pour la Protection de la Santé Naturelle (IPSN) recherche aujourd’hui des partenaires institutionnels qui pourront soutenir ses actions tout en acceptant le principe d’une indépendance totale d’action, l’IPSN ayant pour vocation de défendre le bien commun des patients, non les intérêts particulier d’un secteur commercial. Sur cette même page, on apprend que l’IPSN est dirigé par Augustin de Livois et que cet institut possède un Comité d’Ethique et Scientifique constitué d’experts garantissant le sérieux et l’éthique des informations diffusées. Pour commencer, voyons qui est ce Augustin de Livois? Son profil LinkedIn nous apprend qu’il est avocat de formation mais surtout qu’il est expert en activités de lobbying ! Bien… Passons ensuite au Comité d’Éthique et Scientifique. On retrouve notre bon vieux Professeur Henri Joyeux, mais aussi Christian Foissey: fondateur du  groupe pharmaceutique Labo’Life dédié à la Micro-Immunothérapie, approche thérapeutique innovante qui se situe à l’interface entre l’immunologie classique et l’homéopathie ; Jean-François Astier: naturopathe et expert en herboristerie, directeur de la société Natura Mundi ; Henri de Roissart: biochimiste, directeur du laboratoire de compléments nutritionnels Lorica. Quand on lit la page actions, on a bizarrement l’impression de lire la description d’un … institut de lobbying. Bref, c’est donc l’histoire d’un lobby dont le but est de se battre contre les vilains lobbys. Seems legit…

Qui est le Pr. Henri Joyeux ?

Henri Joyeux est Professeur des Universités, mais aussi cancérologue et chirurgien. Il est vrai qu’il n’est pas toujours apprécié par ses collègues. Il dérange !

Oui, il dérange car il utilise son titre pour écrire nombre d’articles anti-vaccination. Je vous invite à explorer l’ensemble de ces publications dans des revues scientifiques, aucune publication concernant les vaccins. Si on peut difficilement contester ses compétences en cancérologie et en chirurgie digestive, on constate que la vaccinologie, l’immunologie et l’épidémiologie ne constituent pas vraiment ses domaines de prédilection. En France, tout le monde connaît le climato-sceptique Claude Allègre qui est… géochimiste, pas climatologue. Ce type a beau être sans doute un scientifique compétent dans son domaine, ça ne l’empêche de raconter des tas de conneries quand il en sort.

Il dérange aussi pour ses convictions religieuses, sa position sur l’homosexualité et l’image de la femme. Il a notamment été président de Familles de France de 2001 à 2013. Cette association défend des positions plutôt conservatrices… Je vous invite à lire cet article d’Henri Joyeux écrit pour l’association Familles de France. Dans les années 80, il a participé à une « étude scientifique » sur les apparitions de la Vierge à Medjugorje. Le groupe d’étude a conclu que « le phénomène des apparitions de Medjugorje […] se révèle être inexplicable scientifiquement ». Cependant, on peut franchement se poser des questions sur la rigueur scientifique de la méthodologie employée (voir ici, ici et ici).

Il dérange encore à cause de ses liens avec Jean Seignalet, Claude Lagarde, Bruno Comby ou encore Marie-Christine Lhermitte. Une joyeuse bande de gai-lurons.

Bref, oui, les positions idéologiques et scientifiques du Professeur Joyeux me dérangent.

Ces graphiques montrent que la vaccination est un mensonge

Les forums et les réseaux sociaux sont d’excellents outils pour diffuser de l’information. Ils permettent ainsi à de nombreuses personnes de recevoir une information différente de celle véhiculée par les médias traditionnels ou, pire, par les autorités publiques. Les nouvelles technologies ont permis aux gens de connaître la vérité et de se battre contre les mensonges.

Parmi ces mensonges, on compte la vaccination. Elle est censée nous protéger des vilaines maladies et sauver de nombreuses vies. Or, ce n’est pas ce que disent les graphiques. Je vous propose de passer en revue quelques uns de ces graphiques. Vous serez sous aucun doute surpris par ce qu’ils montrent.

La mortalité des maladies a décru bien avant l’introduction des vaccins

Commençons avec l’évolution de la mortalité de la rougeole aux USA entre 1900 et 1990. La vaccination est introduite en 1963 et on voit clairement que la mortalité liée à cette maladie a commencé à fortement décliner avant cette date. Oh My God ! comme diraient les Yankees…

Figure 1 Taux de mortalité pour la rougeole aux États-Unis [1900 – 1990]. Apparition du vaccin en 1963.

Maintenant, si l’on regarde un peu plus attentivement ce graphe, on voit que la décroissance de la mortalité commence vers 1915-1920 et suit une forme d’exponentielle décroissante pour commencer à stagner vers les années 50. Si on zoome sur les années 50 à 2000 et qu’on ajoute l’incidence, voici ce qu’on obtient :

Figure 2  Nombre de cas par an de rougeole + nombre de décès par an aux États-Unis [1950 – 2005]. Vaccin introduit en 1963.

Le changement d’échelle ouvre de nouvelles perspectives. Le nombre de cas et de décès chutent brutalement peu après l’introduction du vaccin. En fait, il faut comprendre que le nombre de décès liés à une maladie est le produit de deux facteurs :

 Nombre de décès = Nombre de cas (incidence) * Létalité

La létalité étant la probabilité de décès en cas d’infection. Ainsi, jusqu’au début des années 50, la chute du nombre de décès est surtout due à la chute de la létalité. Après 1963, le vaccin prend le relais en faisant chuter l’incidence de la rougeole.

La létalité associée à de nombreuses maladies a fortement diminué au début du XXième siècle grâce aux progrès de la médecine, à l’amélioration de l’hygiène et à une nourriture de plus en plus variée et abondante. Pour autant, la rougeole continue de tuer aujourd’hui et ce même dans les pays industrialisés. Pour les USA, le CDC (Center for Disease Control) estime la probabilité de décès en cas d’infection par la rougeole à 0.2%. Donc oui, on peut encore mourir de la rougeole dans un pays industrialisé (létalité non nulle) et oui, les vaccins sauvent des vies (en faisant baisser l’incidence).

Pour ce qui est des pays en voie de développement ou pauvres, les maladies à prévention vaccinale font de gros dégâts. Pour l’année 2008, l’OMS a estimé que 1,5 millions d’enfants sont morts de maladies  évitables par les vaccins.  La répartition de ces morts en milliers est donnée dans le tableau ci-dessous :

Mortalité chez les enfants de moins de 5 ans liée à des maladies à prévention vaccinale

Nombre de morts estimé (en milliers) chez les enfants de moins de 5 ans liée à des maladies à prévention vaccinale pour l’année 2008.

En Europe, le nombre de morts liées à la coqueluche, la rougeole ou le tétanos sont inférieurs à 1000 (mais pas 0). Ceci est cohérent avec le graphique montrés ci-dessus. Il n’en est pas de même pour l’Afrique, l’Est de la méditerranée et l’Asie du Sud-Est encore durement touchées par ces maladies. Les raisons sont multiples et concernent certes un manque d’hygiène et de nourriture mais aussi une couverture vaccinale bien inférieure aux autres régions du monde. Par exemple, voici les courbes d’évolution de la couverture vaccinale pour le DTP (Diphtérie – Tétanos – Polio) par région du monde :

Figure 3  Évolution de la couverture vaccinale par région du monde pour le vaccin DTP 3 doses (données OMS).

Certaines mauvaises langues diront qu’il est plus urgent d’améliorer la qualité de vie et l’accès aux soins de santé dans ces régions et que, d’autre part, on verrait alors la mortalité baisser automatiquement. Un vœu pieux qui même avec des efforts considérables mettrait encore de très nombreuses années avant de se réaliser. Sans compter que les maladies dites « bénignes » tuent encore dans les pays dits riches. Bref, chaque année, la vaccination permet d’éviter 2 à 3 millions de décès.

Ça, c’est pour la mortalité. Maintenant, la première raison d’être d’un vaccin est d’éviter l’infection. En évitant l’infection, on évite la souffrance liée à la maladie mais aussi et surtout les diverses complications possibles. Concernant la rougeole, elles apparaissent dans environ 30% des cas et elles se manifestent surtout chez les enfants de moins de 5 ans et chez les adultes de plus de 20 ans. Les pourcentages associés aux différentes complications possibles sont les suivantes (États-Unis) :

  • Diarrhée – 8%
  • Otite – 7%
  • Pneumonie – 6%
  • Encéphalite – 0.1%
  • Convulsions – 0.6-0.7%
  • Mort – 0.2%

Pour terminer cette section et pour bien comprendre le lien entre incidence et vaccination, voici un graphique montrant l’évolution de l’incidence et de la couverture vaccinale pour la coqueluche en Angleterre et au Pays de Galles entre 1940 et 2000 :

Figure 4  Évolution de l’incidence et de la couverture vaccinale pour la coqueluche en Angleterre + Pays de Galles [1940 – 2010].

Comme on peut le voir, l’incidence baisse après l’introduction du vaccin puis repart lorsque la couverture vaccinale s’effondre.

Puisque que l’on parle de la coqueluche, autant en profiter pour énoncer les complications qui lui sont associées. Aux États Unis (pays développé), la moitié des nourrissons de moins de 1 an ayant contracté la coqueluche ont été hospitalisés. Parmi ces derniers :

  • 23% (1 sur 4) auront une pneumonie
  • 1.6% (1-2 sur 100) auront des convulsions
  • 67% (2 sur 3) auront des apnées
  • 0.4% (1 sur 300) auront une encéphalopathie
  • 1.6% (1-2 sur 100) mourront

Chez les adolescents et adultes, les cas de coqueluche nécessitant une hospitalisation sont beaucoup moins fréquents, soit environ 5%. Parmi les cas infectés, on retrouve les probabilités de complications suivantes :

  • 33% (1 sur 3) perdront du poids
  • 28% (1 sur 3) subiront une perte de contrôle de leur vessie
  • 6% (1 sur 16) connaitront des évanouissements
  • 4% (1 sur 25) auront une ou plusieurs côtes fracturées à cause de la toux sévère
  • 2% (1 sur 50) auront une pneumonie

Le nombre de cas rougeole au Canada avait commencé à chuter avant l’introduction du vaccin (les graphiques du Dr. Obomsawin)

Le Dr. Obomsawin est une figure connue dans la communauté vaccino-sceptique. Il a réalisé de nombreux graphes prouvant l’inutilité des vaccins. La plupart concerne l’évolution de la mortalité pour différentes maladies mais il y en a un représentant l’évolution de l’incidence de la rougeole au Canada :

Figure 5  Incidence de la rougeole au Canada entre 1935 et 1983. Premier vaccin introduit en 1963.

On peut y voir que l’incidence de la rougeole a diminué d’environ 90% avant l’introduction du premier vaccin en 1963. Il ne s’agit pas du nombre de morts mais bien du nombre de cas par unité de population et de temps. Cela semble être en contradiction avec ce que nous avons montré au paragraphe précédent. Pourtant, le Dr. Obomsawin a utilisé les données officielles de l’Agence de la santé publique du Canada. Oui mais non. Le cas de ce graphique (très laid par ailleurs) a déjà été traité dans un article du blog anglophone Science-Based Medecine dont vous pouvez trouver une traduction ici. Je vous fais donc la version courte : sous le graphe apparait une légende : « Source : Adapté de la figure 8 du rapport sur l’incidence de la rougeole au Canada« . Le graphique de référence est montré ci-dessous avec, en rouge, la courbe construite à partir des 5 données sélectionnées par la Dr. Obomsawin :

measles-canada_vs_obomsawin

Figure 6  Graphique de référence + courbe du Dr. Obo… pour l’incidence de la rougeole au Canada [1924 – 2004].

À la vue de ce graphe, on remarque tout de suite que le Dr. Obomsawin a sciemment fait disparaître les fortes oscillations qui caractérisent l’incidence de la rougeole. Pourtant, certains personnes toujours persuadées de l’inefficacité des vaccins feront remarquer que l’évolution de l’incidence après 1950 semble montrer que celle-ci tendait déjà vers sa valeur mesurée après la période de non-notification et donc après l’introduction du vaccin. Il suffit de regarder la valeur de l’incidence en 1959, juste avant la période de non-notification. Oui sauf que ce point n’existe pas en réalité. D’ailleurs, sa valeur est justement exactement égale à celle affichée en 1969. Il s’agit d’une simple erreur de dédoublement qui a par la suite été corrigée.  La version corrigée du graphique donne ceci :

Figure 7  Nombre de cas notifiés (bâtonnets) et incidence (courbe) pour la rougeole au Canada [1924 – 2010]. (autre source)

Évidemment, certaines personnes diront qu’il ne s’agit pas d’une erreur mais d’un complot. Il n’existe malheureusement pas de vaccin contre la paranoïa… sauf si il en existe vraiment un et qu’il s’agit d’un complot.

Même après des décennies de vaccination, les maladies à prévention vaccinale sont toujours présentes, y compris dans les pays industrialisés

Entre 2008 et 2011, par exemple, la France a connu un regain de la rougeole :

Figure 8  Nombre de cas de rougeole déclarés en France [2008 – 2012].

Pourtant, la vaccination contre la rougeole a été introduite dans le calendrier vaccinal en 1983, à l’âge de 12-15 mois. Une deuxième dose est introduite en 1996 pour les enfants âgés de 11 à 13 ans, ensuite ramenée à la tranche de 3 à 6 ans en 1997. À partir de 2005, une première dose de ROR (rougeole-oreillons-rubéole) est donnée vers 12 mois et une seconde entre 13 et 24 mois (voir ici et ici, slide 4). Quand on regarde les taux de couverture vaccinale en fonction de l’âge, on voit que la couverture à 1 dose dépasse les 85% pour les enfants 24 mois et les 93% pour les enfants de 6 ans et + à partir de 2002.  Alors pourquoi cette recrudescence constatée à partir de 2008 ?

Pour comprendre, il faut savoir que l’élimination* d’une maladie n’est rendue possible que si le pourcentage de personnes immunisées dépasse le seuil d’immunité de groupe. À partir de ce seuil, une maladie ne parvient plus à se maintenir dans la population. Il est calculé à partir du taux de reproduction de base R0 grâce à la formule suivante :

seuil d’immunité de groupe = 1 – 1/R0

Pour la rougeole, la valeur du R0 est estimée à 12-18. Le seuil d’immunité de groupe est donc de 91-95%, ce qui est très élevé. D’autre part, 5 à 10% des enfants n’ayant reçu qu’une seule dose de vaccin ne seront pas protégés. Ce qui explique que des enfants vaccinés contractent la maladie. D’où la nécessité d’augmenter rapidement la taux de couverture à 2 doses (qui est beaucoup trop bas en France, bien qu’en augmentation). Avec une politique vaccinale d’une seule dose, il faudrait que la couverture vaccinale soit de 100% pour espérer atteindre l’immunité de groupe et ainsi l’élimination de la rougeole.

Quand une politique de vaccination est lancée sans atteindre l’immunité de groupe, on observe une réduction importante du nombre de cas avec des pics de résurgence de la maladie plus ou moins espacés dans le temps. La diminution de l’incidence ralentit la circulation du virus mais, en dessous du seuil d’immunité de groupe, celui-ci persiste en bruit de fond. Avec les années, le réservoir de personnes non immunisées grandit. Lorsque ce réservoir atteint une taille suffisante, un pic épidémique apparait. En 1997, des chercheurs français ont réalisé une modélisation pour prédire l’évolution de la rougeole en France entre 1997 et 2021 selon différents scénarios. Les simulations montraient qu’une couverture de 90% pour une première dose avant 24 mois et de 75% pour une deuxième dose avant 6 ans étaient nécessaires pour aboutir à l’élimination de la rougeole en France. Malheureusement, la couverture 1 dose a péniblement augmenté durant les années 2000 et concernant la couverture 2 doses, on est parti de loin. Bref, il faudra encore attendre pour l’élimination de la rougeole en France et surtout continuer d’augmenter la couverture vaccinale à 1 ET 2 doses.

Autre conséquence d’une vaccination sous-optimale : on observe un phénomène de déplacement en âge parmi les personnes infectées (voir cadre gris dans cet article + calcul du déplacement ici en anglais). Cela a d’ailleurs été le cas pour la rougeole en France :

Évolution de la proportion de cas de rougeole par tranche d'âge en France [1985-1995].

Figure 9  Évolution de la proportion de cas de rougeole par tranche d’âge en France [1985-1995].

Malgré tout, la vaccination contre la rougeole a réussi à faire baisser drastiquement le nombre de cas et ce de manière durable. Signalons que, par le passé, la vaccination contre la variole a permis l’éradication* de cette maladie (R0 = 5-7, seuil d’immunité de groupe = 80-86%). Bref, la vaccination ça marche à condition que tout le monde joue le jeu. D’ailleurs, chers parents, vaccinez vos gosses et si il est recommandé de faire 2 doses, et bien, faites 2 doses. C’est aussi l’occasion de vérifier si vous êtes à jour vous-même…

* À strictement parler, l’élimination et l’éradication d’une maladie n’ont pas la même signification bien que les deux soient souvent confondues. L’élimination concerne la disparition d’une maladie dans une région du monde, alors que l’éradication signifie sa disparition partout sur le globe. 

 

Ce qu’il faut retenir (take home message) :

  • L’évolution de la mortalité n’est pas l’indicateur le plus pertinent pour évaluer l’efficacité d’un vaccin. Un vaccin fera baisser indirectement le nombre de morts en faisant baisser le nombre de cas infectés (cfr Figure 2). L’évolution du nombre de morts dépend aussi de l’évolution de la létalité. En prévenant l’infection, un vaccin permet d’éviter la souffrance liée à la maladie, les hospitalisations dues aux complications et, éventuellement, la mort.
  • Même dans les pays industrialisés, des maladies comme la coqueluche et la rougeole peuvent conduire à l’hospitalisation, voire provoquer la mort. Rappel : la moitié des nourrissons de moins de 1 an contractant la coqueluche aux États Unis seront hospitalisés. Dans les régions comme l’Afrique, l’Est de la méditerranée et l’Asie du Sud-Est, les maladies à prévention vaccinale font plusieurs centaines de milliers de morts par an parmi les enfants de moins de 5 ans.
  • Certaines personnes malveillantes choisissent les points qui les arrangent pour faire leur graphes (cfr Dr. Obomsawin).
  • Pour les maladies transmissibles d’homme à homme, des retours épidémiques restent possibles tant que la couverture vaccinale est sous le seuil d’immunité de groupe. Plus la couverture est grande, plus les pics de résurgence sont espacés dans le temps.

Lecture : Alterscience, d’Alexandre Moatti

Coffee break science

Je continue sur ma lancée de nettoyage de bureau et rattrapage de retard et vais aujourd’hui parler du livre d’Alexandre Moatti,Alterscience – Postures, dogmes, idéologies, que j’ai lu il y a quelques mois.

C’est un entretien dans le magazine La Recherche de juin 2013 qui a tout d’abord retenu mon attention. Alexandre Moatti y parlait de son livre sur l’alterscience, “terme qu’[il] propose pour qualifier les démarches qui consistent à nier les résultats de la science au nom d’une idéologie ou d’une philosophie personnelle”. Évidemment, les créationnistes, je connaissais déjà. Mais des ingénieurs français rejetant la théorie de la relativité ou soutenant une vision géocentrique, Auguste Lumière affirmant que la tuberculose n’est pas une maladie contagieuse, un ingénieur viennois faisant de la lune une boule de glace ?

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Pourquoi prend-on les décisions que l’on prend?

Tout est dans le titre

Coffee break science

Deux TED talks à regarder pendant vos prochaines pauses-café:

The riddle of experience vs. memory, par Daniel Kahneman.
Cette vidéo ne parle pas du système 1 et du système 2 (modes de pensée rapide et lent), mais du moi qui vit une situation par opposition au moi qui s’en souvient. Et un peu de comment on choisit quoi faire de ses vacances aussi.

Are we in control of our own decisions ? par Dan Ariely.
Ou comment nous faire réfléchir à deux fois la prochaine fois que l’on achète quelque chose. Ou qu’un ami nous propose de faire la tournée des bars ou des clubs avec lui.

Pour les deux vidéos, des sous-titres en français sont disponibles.

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La lutte pour la protection des abeilles : pesticides et… OGM

La santé des abeilles est en danger. Il s’y attarder et identifier les responsables. Pour ce faire, seulle la méthode scientifique est la plus à même d’y arriver. Attention au déli de sale gueulle.

jpcmanson

Il y a une facette de l’écologie que je soutiens, et je vais en parler ici car cela concerne la lutte pour la protection des abeilles. Mais j’expliquerai cependant un petit bémol en-dessous de l’image vue sur Google Plus.

La lutte pour protéger les abeilles, voila un engagement que j’approuve sur le fond, mais pas complètement sur la forme telle qu’on la voit présentement.

Pourquoi seulement les OGM ? L’INRA a prouvé récemment la toxicité des pesticides : http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/zoologie/d/dacclin-des-abeilles-les-pesticides-naconicotinoades-reconnus-coupables_37838/#xtor=AL-26-1[ACTU]-37838[declin_des_abeilles_:_les_pesticides_neonicotinoides_reconnus_coupables] Le rôle nocif des pesticides est enfin prouvé (on avance enfin), mais le rôle des OGM reste à prouver, et concernant ces OGM il faut nécessairement plusieurs études scientifiques indépendantes et impartiales afin d’établir objectivement la nocivité ou l’innocuité des OGM (et ça dépend aussi des différents OGM). Mais une chose est sûre, je soutiens les précieuses abeilles, pas les empoisonneurs et leur mafia.

Ceux qui veulent signer la pétition, qu’ils…

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