lettre ouverte d’un médecin concernant l’homéopathie

 « Il y a quand même des médicaments qui soignent ! »

Lettre ouverte à Madame la ministre de la Santé

Madame la ministre,

Afin de réaliser des économies en terme de dépense de santé, vous avez pour objectif louable de dérembourser les médicaments dont le service médical rendu ( S.M.R. ) est jugé insuffisant.
En tant que médecin généraliste, je souhaiterais connaitre les raisons qui motivent le remboursement actuel à hauteur de 30% des « médicaments » homéopathiques.

Tout d’abord le terme « médicament » est usurpé, car il est démontré depuis de nombreuses années que les produits homéopathiques n’ont aucune activité pharmacologique, immunologique ou métabolique et ne présentent aucune propriété curative ou préventive supérieure à un placebo, comme l’exige pourtant la définition de l’article L5111-1 du code de la santé publique.

Par ailleurs, l’article R4127-39 de ce même code de la santé publique dispose que « les médecins ne peuvent proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé. Toute pratique du charlatanisme est interdite ».

Pourtant, comme vous le savez, les « médicaments » homéopathiques jouissent d’un traitement de faveur qui va a l’encontre de tout principe de santé publique :

– Ils n’ont pas besoin d’essais cliniques pour être autorisés à la vente et à la prescription
– Ils sont dispensés d’autorisation de mise sur le marché ( A.M.M. )
– Le S.M.R. de ceux remboursés n’a jamais été évalué.

Comment justifiez-vous alors que les « médicaments » homéopathiques soient porteurs de la vignette bleue, synonyme d’un remboursement à 30% et donc d’un S.M.R. modéré ?

Nombre de médecins qui refusent de mentir à leurs patients aimeraient connaitre les raisons médicales, études scientifiques à l’appui, qui justifient à ce jour le remboursement de l’homéopathie , là ou d’autres médicaments avec certes un SMR faible, mais ayant le mérite d’exister, sont sacrifiés sur l’autel de l’assurance maladie.

Le déremboursement pur et simple de l’homéopathie représenterait pourtant des dizaines de millions d’économies immédiates sans aucun retentissement sur la santé publique et renouerait les médecins avec leur probité.
Le remboursement d’un traitement est-il à vos yeux dépendant du nombre de personnes que le laboratoire embauche pour l’élaborer, ou de l’efficacité du traitement ?
La non-dangerosité d’un traitement le dispense-t-il de la moindre efficacité pour obtenir votre accord de remboursement par l’assurance maladie et donc le contribuable ?

En résumé, Madame la ministre, ma question est simple : Quels sont les arguments scientifiques et medicaux à votre disposition légitimant le non-déremboursement des « médicaments » homéopathiques ?

Je vous prie de croire, Madame la ministre, en l’assurance de mes respectueuses salutations.

Docteur Guillaume Cabarrou.

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  1. lettre ouverte d’un médecin concer... - novembre 8, 2013

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